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4 morts par jour suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle en France !

Plus de 817 000 accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles et 1 441 décès  en 2010 (Dernières statistiques nationales, CNAMTS 2011).

Les dernières statistiques publiées par la Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) révèlent que  plus de 817 000 accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles (en constante augmentation sur la dernière décennie) et 1 441 décès  ont été enregistrés en France en 2010. Accidents de trajets, chutes de hauteur, suicides liés au travail, les facteurs de mortalité ne manquent pas ! Et que dire des troubles musculo-squelettiques ? Avec plus de 81% de l’ensemble des maladies professionnelles dans notre pays, ils continuent d’exploser les compteurs de la souffrance au travail surclassant de loin leur dauphin « amiante ».

●  Où va-t-on?
Évidemment, avec plus de 26 millions de salariés et près de 3 millions d’entreprises en France (source Insee), le risque zéro n’existe pas. Néanmoins, dans la grande majorité des cas, un accident n’arrive jamais par accident ! De même, chaque employeur a une obligation de sécurité de résultat envers ses salariés conformément au code du travail. La loi a même mis l’accent ces dernières années sur l’importance capitale de l’évaluation des risques professionnels à laquelle toute entreprise est tenue de se plier. Reste que l’élaboration du « document unique » obligatoire (décret du 5 novembre 2001) qui découle de cette évaluation est bien peu respectée aujourd’hui. Pourtant, beaucoup auraient à y gagner quand on sait les coûts directs et indirects que l’employeur doit supporter suite à un accident du travail ou à une maladie professionnelle et les conflits qui naissent de la souffrance des travailleurs. La paix sociale et la croissance d’une entreprise peuvent être sérieusement ébranlées dans pareils cas.

●  Quelles solutions?
Il est admis, aujourd’hui, que toute chaîne de productivité est vouée à érosion si l’entreprise néglige les conditions de travail et la santé des travailleurs. Partant de là, l’employeur est censé éliminer ou atténuer les facteurs de pénibilité les plus exacerbés (contraintes physiques et morales, environnement agressif et anxiogène, rythmes de travail effrénés…) et promouvoir ouvertement une véritable culture de prévention dans ses rangs (formation, sensibilisation…). Il doit également prendre les mesures appropriées pour éviter ou remédier à toute dégradation des conditions de travail et corriger, sans délai, tout dysfonctionnement susceptible de générer un mal-être (évaluation et renouvellement des méthodes managériales, éducation à la santé au travail, détection et accompagnement des comportements à risque, analyse des conflits interpersonnels…). Inutile de dire que le dialogue social avec l’ensemble des salariés ainsi que leurs représentants doit être activé et facilité afin, notamment, de déceler des indicateurs perceptibles de souffrance. Aussi bien sur le plan interne qu’externe, plusieurs instances et organismes sont susceptibles d’offrir une aide (souvent financière) et de contribuer à la mise en place d’une politique de prévention pérenne dans l’entreprise (CHSCT, médecin du travail, CARSAT, ANACT…). D’un autre côté, de plus en plus de préventeurs et d’associations de défense des travailleurs montent au créneau pour exiger des gouvernants que la lutte contre les accidents du travail et les maladies professionnelles obtienne, enfin, son label « grande cause nationale » au même titre que les accidents de la route ou que le cancer ces dernières années. Au vu des dernières statistiques, un grand chantier national de la prévention au travail ne serait pas de trop.

Albert DAVID
Auteur du Manuel de Référence – Prévention, Sécurité, Santé au Travail de A à Z ! (2011)
www.lemanueldereference.com

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