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Comment réagir en cas de comportement suicidaire au travail ?

La volonté de mettre fin à ses jours résulte souvent d’un mal-être profond couplé à un sentiment de désespoir durable. La dégradation des conditions de travail, le harcèlement ou encore la maltraitance dont peut être victime un travailleur peuvent être à l’origine d’un comportement suicidaire dont l’employeur a tout intérêt à prendre la mesure.

Que peut faire l’employeur ?
Une surveillance et une prise en charge rapides du travailleur en détresse s’imposent, sans tarder, afin de prévenir tout acte dangereux pour lui-même et pour ses collègues et d’éviter que le climat de l’entreprise ne se dégrade : évaluation et révision des méthodes managériales, accompagnement médical et psychologique, mise en place d’une cellule d’écoute, etc. Il convient de mener cette démarche en collaboration avec le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et le médecin du travail. Ce dernier étant chargé, en outre, d’évaluer l’aptitude physique du travailleur et de proposer, le cas échéant, les aménagements de poste nécessaires. L’employeur doit, par ailleurs, ouvrir des espaces de dialogue, responsabiliser les travailleurs et le personnel encadrant (chacun doit être interpellé par un cas de souffrance mentale dans le groupe) et les sensibiliser sur les dangers associés aux risques psychosociaux.
●  Comment les collègues doivent-ils réagir ?
Tout travailleur doit être informé et formé sur les moyens de détecter les indicateurs essentiels du comportement suicidaire (messages explicites de la personne sur ses intentions, état de grande vulnérabilité, signes d’automutilation…) et connaitre les réactions appropriées en cas de passage à l’acte. Parmi les règles d’or à maîtriser :

– donner l’alerte si un individu prononce les mots suivants : « je veux en finir », « je veux mourir », « je vais me tuer »… Des messages cachés, à ne jamais sous-estimer, doivent également être pris au sérieux : « ça ne me dit plus rien de vivre », « je n’ai plus ma place dans ce monde », « j’ai fait mon testament », « bientôt vous serez mieux sans moi »…
– ne pas laisser des médicaments, des produits toxiques, des objets tranchants ou une corde à portée immédiate d’un individu dépressif et menaçant de mettre fin a ses jours ;
– ne jamais abandonner ou isoler du groupe de travail un collègue suicidaire ;
– signaler toute introduction d’armes sur le lieu de travail.

En cas de tentative de suicide :
– alerter les secours et, dans leur attente, instaurer avec la personne un contact avec calme et sang-froid ;
– l’écouter et la rassurer sur l’intérêt qu’on porte à sa situation ;
– établir un climat de confiance, parler ouvertement de son geste afin de lui montrer qu’on l’accepte tel qu’elle est sans la juger et sans se moquer d’elle ;
– évaluer ses besoins et l’aider à trouver ce qui peut la rendre heureuse. Lui expliquer qu’il existe d’autres solutions au suicide et qu’on peut l’aider ;
– ne pas autoriser cette personne à quitter le travail seule.

Une prise en charge immédiate par des services spécialisés s’avère nécessaire dans pareille situation.

 

Albert DAVID

Auteur du Manuel de Référence – Prévention, Sécurité, Santé au Travail de A à Z ! (Nov. 2011)
www.lemanueldereference.com

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