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Comment réagir en cas de malaise sur le lieu de travail ?


La survenue d’un malaise pendant une activité professionnelle peut avoir, selon sa nature, de sérieuses conséquences pour la victime (travail en hauteur, conduite…) et pour ses collègues. En période de forte chaleur notamment, ce risque mérite la plus grande attention.

De quoi s’agit-il ?
Une victime de malaise est quelqu’un qui se plaint d’une sensation pénible (« elle dit ne pas se sentir bien », « elle est mal à l’aise »…) ou qui présente des signes anormaux visibles. Cet état peut être fugace ou durable et/ou de survenue brutale ou progressive. Le trouble provoqué est tel que la victime, ou son entourage, ressent très souvent le besoin de demander une assistance. Le malaise peut être le signe d’une maladie qui survient suite à une défaillance, temporaire ou durable, d’une partie de l’organisme.  Il ne provoque pas de détresse vitale d’emblée mais peut toutefois s’aggraver.

Comment réagir ?
Quelque soient les circonstances  de découverte, il conviendra une fois décelé le malaise d’agir avec méthode et rapidité pour demander, autant que de besoin, un avis médical.
La conduite à tenir doit être la suivante :

 Identifier la notion de malaise :

  1. Identifier l’environnement ; tout risque de sur accident doit conduire à des mesures immédiate de protection.
  2. Apprécier le contexte de survenue (lors d’un effort, au repos, après un traumatisme…).
  3. Préciser le sexe et l’âge approximatif de la victime.
  4. S’assurer de l’absence de détresse vitale (inconscience, arrêt de la respiration ou du cœur).
  5. Mettre au repos la victime : allongez-la sauf si elle adopte spontanément une autre position (demi-assise, assise…) dans laquelle elle se sent le mieux… Desserrer éventuellement le col, la ceinture et tout vêtement pouvant gêner la respiration. La rassurer en lui parlant notamment avec calme, sans impatience et sans énervement.
  6. Ecouter la victime, puis l’interroger afin de recueillir les plaintes. Ce peut être :

– une impression pénible d’angoisse, souvent exprimée par des mots simples : « je ne me sens pas bien », « je vais mourir »… ;
– une sensation de faiblesse de tout le corps ;
– des troubles du langage (impossibilité ou une difficulté à parler) ;
– des troubles du mouvement et/ou de la sensibilité (impossibilité de réaliser certains mouvements ou de ressentir une partie de son corps) ;
– des maux de tête soudains et/ou inhabituels ;
– des troubles de la vue, de l’audition ou de l’équilibre (vertiges) ;
– une difficulté ou une gêne pour respirer ;
– la présence de signes cutanés : pâleur intense, sueurs abondantes en dehors d’un effort, d’un épisode fébrile ou d’une chaleur environnante, sensation de froid… ;
– un trouble du comportement (agitation, prostration…) ;
– des troubles digestifs : nausées, vomissements ;
– une douleur qui peut être de localisation diverse  (dans la poitrine, dans le ventre…) et de gravité très variable.

7. Analyser la (ou les) plaintes, pour permettre au médecin de déterminer la cause et la gravité en précisant notamment :

– le facteur déclenchant (provoqué par quoi ?) ;
– la nature du trouble ressenti : elle se fait souvent de façon imagée : « c’est comme un coup de poignard », « ça serre comme dans un étau », « j’ai comme une barre dans la poitrine », « j’ai comme des coliques répétées dans le ventre »… ;
– la localisation précise, le siège de la douleur mais aussi les endroits où elle se diffuse éventuellement ;
– l’intensité du trouble, notamment de la douleur ;
– la durée du trouble (heure de début et temps que cela a duré si elle a cédé depuis).

8. Se renseigner sur l’état de santé habituel de la victime.
a. A-t-elle des maladies connues ?
b. A-t-elle déjà été hospitalisée ?
c. A-t-elle un traitement médical en cours ?

9. Prendre un avis médical :

  1. En faisant appel au médecin de l’entreprise ou de la collectivité,  s’il en existe un de joignable ; dans le cas contraire, en appelant le 15.
  2. En veillant à transmettre de façon précise tout ce que l’on a constaté (environnement, contexte de survenue, âge, sexe de la victime, caractéristique précise de la plainte exprimée, état de santé habituel de la victime et gestes effectués) ; chaque fois que possible, il vaudra mieux laisser la victime parler au médecin sans la faire déplacer (téléphone portable).

10. Appliquer les conseils du médecin, jusqu’à l’arrivée éventuelle d’un médecin ou des secours publics.

11. En cas d’aggravation, ne pas hésiter à rappeler le médecin.

 

Ce qu’il faut retenir
La plupart des malaises sont bénins et ont une origine souvent identifiée : fatigue, stress, émotion, colère, forte chaleur… Ils disparaissent en général rapidement et restent sans conséquence. En revanche, certains malaises sont dits graves car ils peuvent être révélateurs d’une situation pouvant à tout moment entraîner une détresse vitale. Ils imposent une réponse immédiate avec engagement des secours d’urgence, d’où l’intérêt d’une alerte précoce et de qualité.

DR Patrick Lallemand
Médecin Chef SDIS 974 – Magazine Prévention Réunion
www.editionsprevention.com

  1. Nom Guellil dit: 14 août 201214:08

    Commentaire je travaille en qualité d’ingénieur HSE dans une base pétrolière dans le sud algérien
    notre problématique se pose lorsqu’on évacue des blessés sur des grandes distances de l’ordre de centaines km et on dispose que d’un infirmier.quelle est la solution?

  2. SANCHEZ dit: 23 août 201221:58

    Complet et précis, c’est une aide précieuse pour sensibiliser le personnel et ne pas banaliser une situation qui pourrait s’avérer critique et qui peut nous concerner également dans notre vie personnelle.

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