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Que faire si on est victime de bizutage ou de maltraitance à l’école ?

 

 

 

Depuis le 17 juin 1998, une loi (n°98-468) crée et réprime le délit spécifique de bizutage qui s’applique aux manifestations liées aux milieux scolaires et socio-éducatifs.

De quoi s’agit-il ?
On parle de bizutage lorsqu’on fait subir ou que l’on amène autrui à commettre des brimades, des humiliations, et tout acte dégradant portant atteinte à la dignité individuelle. Ce type de dérive comportementale apparaît souvent lors des rentrées scolaires, universitaires ou des grandes écoles. Il est, notamment, l’œuvre d’anciens élèves souhaitant imposer, par des actes inhumains, un « rite d’initiation » aux nouveaux arrivants. Compte tenu des nombreuses violences physiques et sexuelles, fréquemment relatées par les victimes, lors des processions des bizuteurs, ce qui était considéré il y a peu comme une tradition est devenu un délit susceptible d’envoyer les agresseurs derrière les barreaux. Aujourd’hui, « tout acte humiliant ou dégradant, portant atteinte à la dignité de la personne » est passible de 6 mois à 1 an d’emprisonnement et de 7 500 € à 15 000 € d’amende. La loi précise que, même consentis réellement ou en apparence, les faits de bizutage sont répréhensibles. Elle rend punissable également celui qui amène autrui, même avec son accord, à commettre des actes humiliants ou dégradants. D’où la nécessité de déposer plainte sans tarder lorsqu’on est victime ou témoin de ce genre de pratique d’un autre âge.

Quelles conséquences ?
La multiplication des mauvais traitements et des vexations a des répercussions fortement néfastes chez l’enfant ou l’adolescent étant donné que c’est sa condition humaine qui est directement visée et affectée de manière à ce qu’il soit « sous contrôle ». Il n’est pas rare de voir, du reste, ce que certains appellent des « jeux puérils consentis » dégénérer en agressions barbares ou en violences sexuelles. Les séquelles sont alors redoutables et durables chez les victimes :

forte inhibition, culpabilité, négation de soi, stress chronique, émotivité, sensibilité, perte de confiance en soi, peurs et phobies, troubles du comportement, isolement, déshumanisation, comportement suicidaire, etc.

De surcroît, parallèlement à une lente descente vers une possible dépression, les victimes s’installent dans un processus de déchéance personnelle, de décrochage et d’échec scolaire.

Comment réagir ?
Que l’on fasse l’objet de bizutage dans ou en dehors de l’enceinte scolaire, il convient de dénoncer ce méfait sans tarder auprès d’un professeur ou d’un surveillant, du principal de l’établissement, des services de police (dépôt de plainte)… Le chantage, les menaces, les ordres et contraintes autoritaires, les pratiques manipulatoires, etc., ne doivent, en aucun cas, rester lettre morte. Ils peuvent, en effet, précéder une agression ou y succéder afin de maintenir la pression sur « l’élève cible ». Parmi les autres mesures à prendre si vous êtes dans ce cas :

ne jamais laisser une situation humiliante et oppressante perdurer ; apprendre à dire fermement « non » ou « stop » dès la première tentative d’intimidation, afin de prévenir toute escalade verbale ou physique ;
signaler immédiatement tout individu qui essaie de vous isoler du groupe, qui rapporte des rumeurs malveillantes sur votre compte, qui vous harcèle continuellement… Des sanctions sont prévues, à ce titre, par le règlement intérieur de l’établissement scolaire ;
crier « à l’aide » en cas d’agression et se réfugier auprès d’un adulte ou dans un endroit fréquenté (si on est à l’extérieur de l’établissement scolaire) et appeler la police ;
éviter la confrontation physique au risque d’aggraver la situation.

Par ailleurs, il est indispensable de se confier auprès d’un proche parent ou d’un ami pour éviter un enfermement psychique favorable à l’agresseur. Enfin, tout changement de comportement chez un camarade peut être un signal d’alarme qui nécessite une attention particulière. Qu’il soit à l’origine ou la victime d’un bizutage, cet individu peut, en effet, être dans un état de détresse psychologique nécessitant une prise en charge médicale (l’agresseur peut être, par exemple, victime de mauvais traitements sur le plan familial ou avoir, lui-même, fait l’objet d’un bizutage traumatisant…). Le personnel éducatif doit être immédiatement informé de la situation.

Albert DAVID

Auteur du Guide d’Urgence – Prévention, Sécurité, Santé à l’École de A à Z !
www.leguidedurgence.com

  1. convention.fr dit: 20 février 201713:22

    Le bizutage porte atteinte à la dignité de la victime.

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