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Le débat sur la gestion des horaires de travail atypiques est lancé. Deux nouvelles études de l’Inserm révèlent l’implication du travail de nuit dans le syndrome métabolique (oct. 2012)*
et le cancer du sein (juin 2012)*.

 

Le travail de nuit selon la loi

« Tout travail entre 21 heures et 6 heures est considéré comme travail de nuit. Une autre période de neuf heures consécutives, comprise entre 21 heures et 7 heures incluant, en tout état de cause, l’intervalle compris entre 24 heures et 5 heures, peut être substituée à la période mentionnée au premier alinéa par une convention ou un accord collectif de travail étendu ou un accord d’entreprise ou d’établissement. A défaut d’accord et lorsque les caractéristiques particulières de l’activité de l’entreprise le justifient, cette substitution peut être autorisée par l’inspecteur du travail après consultation des délégués syndicaux et avis du comité d’entreprise ou des délégués du personnel s’il en existe » (Article L3122-29, Code du travail).

« Est considéré comme travailleur de nuit tout travailleur qui :

1° Soit accomplit, au moins deux fois par semaine, selon son horaire de travail habituel, au moins trois heures de son temps de travail quotidien durant la période définie à l’article L. 3122-29 ou à l’article L. 3122-30 ;

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Les dernières statistiques des accidents du travail et des maladies professionnelles qui viennent d’être publiées révèlent que les accidents du travail et les maladies professionnelles ont augmenté respectivement de 1,7% et de 8,6% en France en 2011. Le nombre de décès liés au travail augmente dans tous les domaines !  

LES CHIFFRES 2011

Accidents du travail

Le nombre d’accidents du travail (669 914 AT pour 18 492 444 salariés) augmente de 1,7%, soit légèrement plus que l’activité salariée (+1,1%). Ceci fait que l’indice de fréquence (IF) augmente légèrement, mais reste malgré tout avec 36,2 accidents du travail pour 1 000 salariés, pour la troisième année consécutive, proche de son niveau le plus faible atteint en 2009 (36 AT pour 1 000 salariés). La baisse de la sinistralité observée au cours des dernières années s’interrompt toutefois.

552 décès consécutifs à un accident du travail ont été enregistrés en 2011, c’est 23 de plus qu’en 2010.

Accidents de trajet

Le nombre d’accidents de trajet (100 018) connaît une hausse significative et ininterrompue sur les 5 dernières années. En 2011, la progression est de +1,6% par rapport à 2010. Quant au nombre de décès enregistrés en 2011 (393), celui-ci est en hausse (+9,5%), principalement en raison d’accidents routiers plus nombreux. Le nombre des accidents routiers (travail ou trajet) reste quasiment constant

(aux alentours de 78 000) depuis 2007, mais ils sont à l’origine de 49% des 945 décès enregistrés en 2011 au titre des risques travail et trajet, alors qu’ils ne représentaient que 45% des 888 décès de 2010 sur le même périmètre.

Maladies Professionnelles

Entre 2010 et 2011, le nombre de « nouvelles » maladies d’origine professionnelle (55 057) prises en charge par l’Assurance Maladie Risques – Professionnels augmente de 8,6%. Les « nouvelles » MP sont des MP ayant donné lieu à un premier règlement de prestations en espèces au cours de l’année civile considérée. 570 décès ont été enregistrés (+6.9%).

 

LES MAUVAIS POINTS

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La canicule qui frappe notre pays peut provoquer, notamment chez les travailleurs qui évoluent en extérieur, des coups de chaleur qui peuvent avoir de sérieuses conséquences s’ils ne sont pas pris en charge correctement.

 

De quoi s’agit-il ?

Ce type d’incident est susceptible de survenir notamment lors d’un travail par forte chaleur, en période caniculaire, ou lorsqu’on évolue dans un espace mal aéré. Les conséquences d’un coup de chaleur peuvent aller de la déshydratation à la syncope, sans compter les troubles neurologiques potentiels. Les symptômes suivants sont, généralement, observés :

– température du corps élevée (parfois supérieure à 41°C) ;
– peau rouge, sèche (arrêt de la sudation) et chaude ou, au contraire, sueurs profuses ;
– pouls rapide, difficultés à respirer ;
– nausées, vomissements ;
– vertiges, perte de conscience.

En cas de complications, on peut constater :

– état de choc ;
– troubles neurologiques (altération de la motricité) ;
– agitation, confusion mentale, hallucinations ;
– convulsions, coma…

 

Comment réagir ?

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La survenue d’un malaise pendant une activité professionnelle peut avoir, selon sa nature, de sérieuses conséquences pour la victime (travail en hauteur, conduite…) et pour ses collègues. En période de forte chaleur notamment, ce risque mérite la plus grande attention.

De quoi s’agit-il ?
Une victime de malaise est quelqu’un qui se plaint d’une sensation pénible (« elle dit ne pas se sentir bien », « elle est mal à l’aise »…) ou qui présente des signes anormaux visibles. Cet état peut être fugace ou durable et/ou de survenue brutale ou progressive. Le trouble provoqué est tel que la victime, ou son entourage, ressent très souvent le besoin de demander une assistance. Le malaise peut être le signe d’une maladie qui survient suite à une défaillance, temporaire ou durable, d’une partie de l’organisme.  Il ne provoque pas de détresse vitale d’emblée mais peut toutefois s’aggraver.

Comment réagir ?
Quelque soient les circonstances  de découverte, il conviendra une fois décelé le malaise d’agir avec méthode et rapidité pour demander, autant que de besoin, un avis médical.
La conduite à tenir doit être la suivante :

 Identifier la notion de malaise :

  1. Identifier l’environnement ; tout risque de sur accident doit conduire à des mesures immédiate de protection.
  2. Apprécier le contexte de survenue (lors d’un effort, au repos, après un traumatisme…).
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Les Troubles Musculo-Squelettiques (TMS) sont, aujourd’hui, à l’origine de 85,3% des maladies professionnelles en France (1ère cause de maladie professionnelle) selon le dernier bilan du Conseil d’orientation sur les conditions de travail (COCT – 15 mai 2012).

Les derniers chiffres

Au total, les TMS – affections péri-articulaires (tableau n° 57), affections dues aux vibrations (tableau n°69), lésions chroniques du ménisque (tableau n°79) et lombalgies (tableaux n°97 et 98) – ont concerné 43 241 reconnaissances de maladies professionnelles en 2010, soit 85,3 % de l’ensemble des maladies professionnelles reconnues (+ 5,1 % par rapport à 2009).


De quoi s’agit-il ?

La majorité des actes de travail n’affecterait pas outre mesure la santé des travailleurs si ceux-ci n’étaient pas, notamment, soumis à des contraintes physiques et mentales élevées et inadaptées. Quand on ajoute à cela des facteurs biomécaniques tels que les mauvaises postures, les vibrations ou encore les efforts musculaires excessifs et répétitifs (manutention des charges, travail sur écran, travail en position maintenue…), la probabilité d’apparition d’affections diverses est sérieusement renforcée. Ces affections peuvent prendre la forme de troubles musculo-squelettiques (TMS) touchant les articulations, les tendons, les muscles et les nerfs des membres et de la colonne vertébrale. Parmi les symptômes qui leur sont souvent associés : fourmillements et douleurs dans les mains (souvent la nuit) ; douleurs articulaires et tendineuses (coudes, épaules, dos, poignets…) ; perte de mobilité des bras (à l’extension et à la supination).

Comment peut-on combattre les TMS ?

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Pénibilité professionnelle, TMS, stress, risques psychosociaux…, le Travail n’a jamais été autant porteur de mal-être et de souffrance dans notre société.

Tous les indices récents de la santé au travail sont dans le rouge en France et en Europe : plus de 817 000 accidents du travail, accidents de trajet et maladies professionnelles et 1 441 décès  en France en 2010 (derniers chiffres publiés) ; les troubles musculo-squelettiques conséquence directe d’une sur-sollicitation des organismes, à l’origine de plus de 80% des maladies professionnelles dans notre pays (chiffre CNAMTS) ; 20% des salariés au sein des pays de l’OCDE souffrent de problèmes de santé mentale (dépression, anxiété, stress…) ; plus d’1 salarié européen sur 5 déclare souffrir de troubles de santé liés au stress au travail (OSHA), etc.
Mais que s’est-il donc passé entre la genèse du droit du travail avec la première loi majeure « hygiène sécurité du travail » promulguée en 1893 et l’introduction récente par le législateur de la notion de pénibilité professionnelle dans le Code du travail (loi du 9 novembre 2010) ? Comment des travailleurs en viennent-ils à se suicider sur leur lieu de travail pendant que d’autres développent des infirmités dont ils ne se relèveront jamais ? Le Travail, ferment de dignité sociale auquel on sacrifiait fièrement sa vie jadis, ne s’est tout de même pas autoproclamé nocif pour la santé du jour au lendemain. Que s’est-il passé pour que les salariés d’aujourd’hui contestent avec une rare véhémence une organisation du travail agressive et des modes violents de management de leurs supérieurs, pour que des femmes harcelées et humiliées quotidiennement osent porter leur douleur sur la place publique ? Certes, la représentation syndicale s’est faite au fil du temps bien plus puissante et sa voie plus résonnante. Certes, la médiatisation de la souffrance au travail s’est considérablement amplifiée et la justice a commencé à sévir sans compter. Mais surtout, il y a eu un dramatique détonateur nommé amiante. Le plus grand scandale sanitaire de tous les temps (plus de 100 000 morts en prévision d’ici 2025). Dans son sillage, la fragilité, la vulnérabilité, l’insécurité des travailleurs sont officiellement sorties de l’anonymat avec tous ces suicidés anéantis par leur environnement professionnel. Il en aura fallu des victimes pour que les droits à la dignité individuelle au travail soient connus de tous, pour que la pénibilité ait enfin voix au chapitre dans le Code du travail. Reste que, le chemin qui doit mener au bien-être et à la qualité de vie au travail est encore long au vu des chiffres qui nous rappellent chaque année les facteurs accidentogènes et pathogènes qui résident au milieu des travailleurs.

 Le rôle crucial de chaque employeur

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Les conduites addictives en nette progression : 16,4% des travailleurs consomment de l’alcool sur le lieu de travail en France !

La consommation régulière de substances susceptibles d’altérer les facultés physiques et mentales (alcool, drogues, médicaments psychoactifs, tabac) peut provoquer de graves accidents du travail et nuire à la bonne marche de l’entreprise (baisse de la productivité, absentéisme, arrêts maladie répétés, ambiance délétère…). Plus particulièrement, la consommation d’alcool sur le lieu de travail (hors repas et pots) concerne 16,4% des actifs occupés (18,9 % des hommes et 10,3 % des femmes). 1 salarié sur 4 à un problème d’alcool ! (Statistiques CNAMTS – Baromètre INPES, Jan. 2012)

De surcroît, l’alcool peut être un facteur causal ou aggravant dans le domaine des risques

psychosociaux (violences physiques ou verbales, agressions sexuelles, harcèlement, conflits interpersonnels…). En cas d’accident, les sanctions peuvent tout aussi bien toucher les travailleurs concernés que l’employeur dont la part de responsabilité n’est pas écartée devant la justice.

Que peut faire l’employeur ?

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Selon un rapport de l’OCDE publié le 12 décembre 2011, les problèmes de santé mentale au travail (dépression, anxiété, stress…) sont en forte  augmentation. Ils touchent ainsi 20% des salariés au sein des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques. Et nous dans tout ça ?

Notre pays n’échappe évidemment pas à ce constat. La situation devrait s’aggraver dans les années qui viennent avec la précarisation croissante des emplois et l’augmentation actuelle des pressions au travail. Et la crise économique que nous traversons n’est, sans doute, pas étrangère à cette envolée de la souffrance au travail. Elle n’en est, toutefois, ni un facteur causal, ni une variable-refuge pour toutes ces entreprises qui peinent à « protéger la santé physique et mentale des travailleurs », comme la loi l’exige, quand elles n’y renoncent pas tout court. Reste que, les droits individuels au bien-être au travail sont, aujourd’hui, fermement défendus par notre société. Des dérives en tout genre à l’origine d’accidents du travail ou de maladies professionnelles sont jugées et sanctionnées quotidiennement par nos tribunaux. Le stress, le harcèlement, la pénibilité physico-mentale, l’insécurité au travail, etc., ne sont éligibles pour aucun laisser-passer. Faut-il s’en plaindre, quand on sait les coûts directs et indirects générés par les accidents du travail et les maladies professionnelles pour les entreprises (majoration de cotisations, baisse de productivité, absentéisme, désinsertion professionnelle…) ?
Ou plutôt en déduire que la qualité de vie au travail n’a pas de prix même, et surtout, en temps de crise ? Inutile de dire que cette qualité de vie est un maillon-clé de la performance individuelle.

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La volonté de mettre fin à ses jours résulte souvent d’un mal-être profond couplé à un sentiment de désespoir durable. La dégradation des conditions de travail, le harcèlement ou encore la maltraitance dont peut être victime un travailleur peuvent être à l’origine d’un comportement suicidaire dont l’employeur a tout intérêt à prendre la mesure.

Que peut faire l’employeur ?
Une surveillance et une prise en charge rapides du travailleur en détresse s’imposent, sans tarder, afin de prévenir tout acte dangereux pour lui-même et pour ses collègues et d’éviter que le climat de l’entreprise ne se dégrade : évaluation et révision des méthodes managériales, accompagnement médical et psychologique, mise en place d’une cellule d’écoute, etc. Il convient de mener cette démarche en collaboration avec le Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT) et le médecin du travail. Ce dernier étant chargé, en outre, d’évaluer l’aptitude physique du travailleur et de proposer, le cas échéant, les aménagements de poste nécessaires. L’employeur doit, par ailleurs, ouvrir des espaces de dialogue, responsabiliser les travailleurs et le personnel encadrant (chacun doit être interpellé par un cas de souffrance mentale dans le groupe) et les sensibiliser sur les dangers associés aux risques psychosociaux.
●  Comment les collègues doivent-ils réagir ?
Tout travailleur doit être informé et formé sur les moyens de détecter les indicateurs essentiels du comportement suicidaire (messages explicites de la personne sur ses intentions, état de grande vulnérabilité, signes d’automutilation…) et connaitre les réactions appropriées en cas de passage à l’acte. Parmi les règles d’or à maîtriser :

– donner l’alerte si un individu prononce les mots suivants : « je veux en finir », « je veux mourir », « je vais me tuer »… Des messages cachés, à ne jamais sous-estimer, doivent également être pris au sérieux : « ça ne me dit plus rien de vivre », « je n’ai plus ma place dans ce monde », « j’ai fait mon testament », « bientôt vous serez mieux sans moi »…
– ne pas laisser des médicaments, des produits toxiques, des objets tranchants ou une corde à portée immédiate d’un individu dépressif et menaçant de mettre fin a ses jours ;
– ne jamais abandonner ou isoler du groupe de travail un collègue suicidaire ;
– signaler toute introduction d’armes sur le lieu de travail.

En cas de tentative de suicide :
– alerter les secours et, dans leur attente, instaurer avec la personne un contact avec calme et sang-froid ;
– l’écouter et la rassurer sur l’intérêt qu’on porte à sa situation ;
– établir un climat de confiance, parler ouvertement de son geste afin de lui montrer qu’on l’accepte tel qu’elle est sans la juger et sans se moquer d’elle ;
– évaluer ses besoins et l’aider à trouver ce qui peut la rendre heureuse. Lui expliquer qu’il existe d’autres solutions au suicide et qu’on peut l’aider ;
– ne pas autoriser cette personne à quitter le travail seule.

Une prise en charge immédiate par des services spécialisés s’avère nécessaire dans pareille situation.

 

Albert DAVID

Auteur du Manuel de Référence – Prévention, Sécurité, Santé au Travail de A à Z ! (Nov. 2011)
www.lemanueldereference.com

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